Psycho

Possède-t-on vraiment un libre arbitre ?

Qu’est ce qui fait de nous des êtres humains? Une réponse parmi plusieurs serait de dire : «On est libres de nos choix et de nos pensées, responsables de nos actes : on dispose d’un libre arbitre et nos décisions sont pleinement conscientes, et c’est cet entendement qui fait de nous la différence. »

L’homme a toujours eu besoin de sentir qu’il détient le contrôle. Le contrôle de ses faits et gestes, le contrôle de ses actions, le contrôle de ses pensées. Il faut se l’admettre, on est obsédé du contrôle.
Mais si tout ça n’est qu’illusion? Et si tout ce que l’on entreprend et décide est déterminé par des forces extérieures indépendantes de nous?

Aujourd’hui, on va te parler d’une expérience d’une expérience de Benjamin Libet, un neuroscientifique américain considéré comme l’un des instigateurs dans le domaine de la conscience humaine, pour laquelle il obtiendra le prix Nobel en 2003. En 1983, il réalise une expérience sur le libre arbitre, qui s’est avérée assez perturbante .. Et on va voir pourquoi !

 

De quoi s’agit l’expérience?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a plusieurs étapes dans la prise de décision: l’intention, la planification, la programmation l’exécution et enfin le mouvement. Ces étapes sont contrôlées par différentes aires cérébrales: le lobe frontal et pariétal, impliqué dans les prises de décision, les choix et le raisonnement.

Durant son expérience, il place des individus devant une horloge qui tourne avec des points lumineux, et installe des électrodes à leurs poignets reliées à un électromyographe, un appareil utilisé pour enregistrer l’activité électrique musculaire et nerveuse (EMG).
Par la suite, il leur demande de fléchir leurs poignets au moment qui leur conviendra, en retenant à quel moment ils décident de faire ce mouvement ainsi que la position du point lumineux sur lequel l’horloge s’est arrêtée à l’instant donné : son but, c’est tester le moment où la prise de décision est faite,  le moment où le cerveau s’active, et ensuite le moment où les individus fléchissent leurs doigts.

Sauf que le résultat de cette expérience est pour le moins surprenant : il découvre que les activités cérébrales reliées à l’action adviennent 500ms AVANT la prise de décision consciente du cerveau, c’est à dire le moment même où l’individu décide d’effectuer la tâche.

Tout ce charabia pour dire que, au moment où l’on a l’impression d’effectuer une tâche, notre cerveau en a déjà décidé 500 ms plus tôt : notre conscience d’établir un choix et d’agir n’est qu’une conséquence de notre activité cérébrale et non sa cause. Déstabilisant, n’est ce pas ?

Une expérience assez controversée

Tu l’imagines bien, une expérience d’une si grande ampleur ne peut que être examinée pour en relever ses moindres failles. Parmi elles, l’incertitude des mesures, ou encore, le fait que l’estimation du moment de décision par l’individu est possiblement non précise et inattentive, pouvant donc induire à l’erreur.

D’autres critiques par des scientifiques ont été de dire que l’on devait relever la différence entre deux types d’ondes cérébrales préparant  au mouvement: celle qui est inconsciente et qui déclenche l’action, et l’autre, consciente, qui associe l’action au mouvement choisi.

Tu l’auras bien compris. Cette question suscite, depuis des siècles et jusqu’à aujourd’hui de nombreux débats, entre ceux qui pensent que l’on possède un libre arbitre, et ceux qui pensent que l’on n’en détient pas. Au final -un peu d’ironie ne fait jamais de mal- libre à chacun à croire au libre arbitre ou pas !



Tags:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


quatorze − 11 =