Art

L’art du tissage au Maroc à travers le temps !

On a souvent tendance à attribuer au Maroc l’image d’un pays en manque cru d’art. Et pourtant, des fois, il ne faut pas chercher très loin. Peut être pas plus loin que ton salon. Et non, je ne te parle pas des tableaux accrochés à tes murs mais bien des tapis sur lesquels tu as peut être tant marché (à tes risques et périls, on se souvient tous des cris de nos chères mamans “matmchich 3la zerbia bsebbatek!”) et même joué pendant ton enfance.

Et ces tapis sont tout un travail artistique regorgeant de symboles, de sens et de beauté. Appelle Aladin et prépare le tapis volant, car aujourd’hui le Souk t’emmène à la découverte de l’histoire du tissage au Maroc !

A quand remonte la tradition du tissage?

Eh bien, nous savons tous que le Maroc est réputé pour ses Souk (surtout Souk Rassek, n’est ce pas?), où toutes sortes de produits traditionnels et artisanaux sont mis en vente -pour la plus grande joie des touristes-. Parmi eux la vente des tapis dont les origines remontent aux
alentours des XVe-XVIe siècles dans les tribus berbères, dans les régions de l’Atlas pour s’étendre ensuite à la fin du XIXe, à toutes les villes marocaines (les plus anciens retrouvés étant les tapis de Chiadma).

Tapis Chiadma

Ils deviennent rapidement l’objet d’exportations (notamment en Europe) et de cadeaux princiers tant leur beauté impressionne. Et c’est peu dire. Car ce ne sont pas que de simples tapis à motifs géométriques aléatoires et couleurs vives, mais une véritable tradition qui se perpétue de mère en fille, un refuge dans lequel les femmes s’engouffrent et vaquent pour, par la même occasion, raconter l’histoire de leur vie de leur naissance à leur mariage, jusqu’à leur enfantement.. Le tissage devient tout simplement sacré en incarnant le cycle de la vie !

 

 

Tellement sacré que le métier à tisser (ou la machine à fabriquer le tissu) est aussi matière à croyance. Par exemple, les femmes jetaient parfois les roseaux utilisés avec pour savoir si elles étaient enceintes ou pas (faut bien faire avec les moyens du bord, à l’époque ou les tests de grossesse étaient encore une technologie lointaine!)

Métier à tisser traditionnel

Des tapis qui varient d’une région à une autre

Comme tu l’auras deviné, chaque région a ses spécificités. Qui dit spécificité dit diversité, et c’est pour cela qu’il y a plusieurs catégories de tapis marocains.
Parmi eux, on retrouve par exemple :

Le tapis citadin, ou le tapis rbati, que l’on retrouve surtout vers les régions de Rabat et Fès et qui se distingue par sa couleur, ses motifs et ses formes géométriques à foison. L’archétype du tapis dans les salons de nos grands mères !

 

Le tapis de Beni Ouarain, tissé au Moyen Atlas, au style épuré et classique et à la laine soyeuse

 

Le tapis kilim, autrement appelé le tapis berbère des montagnes de l’Atlas en laine ou en soie, un tapis traditionnel dont les motifs varient en fonction des tribus qui ont à chacune leurs histoires !

 

Le tapis Boucherouite, aux tissus recyclés, dont les couleurs et les motifs abstraits attirent l’œil, et dont la réalisation est le fruit de l’imagination des tisseuses qui se laissent porter par leur inspiration !

On a souvent tendance à penser que des travaux comme le tissage traditionnel sont simples à réaliser. Ce que l’on sait moins, c’est que ces tapis nécessitent des heures et des heures de travail. Bien plus qu’un simple assemblement de tissus, c’est tout art car les femmes s’y adonnent sans plan préalable, laissant tout simplement leur instinct et leur inspiration les guider, et souvent le résultat est beau, mais surtout louable !

En tout cas, si les tapis sont un symbole économique indéniable au Maroc, c’est surtout leur côté artistique que l’on retient, se perpétuant de génération en génération et enrichissant notre patrimoine culturel des plus belles créations !



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